LA MOISSANITE :

Synonyme : Silicone Carbide Cristal.

Propriétés physiques et optiques :
- Couleurs : incolore, rose-violet pâle, vert
- Transparence : transparent
- Dureté : 9.5
- Densité : 3.2
- I.R. : 2.7
- Biréfringence : 0.04
- Dispersion : 0.110

Diamant, Moissanite ou Cubic Zirconium ? That’s The Question :

Le cubic zirconium (CZ) est l’imitation du diamant la plus usitée à l’heure actuelle. Son très faible coût, sa facilité d’approvisionnement et sa « grande » ressemblance avec le Roi du règne minéral fait de ce produit de synthèse un matériau incontournable dans le milieu de la bijouterie.

Il est néanmoins également un des plus facile à détecter pour un œil averti (pour autant que sa dimension ne soit pas trop petite).

La Moissanite, quant à elle, est apparue depuis peu sur le marché. Cette pierre de synthèse est par contre très dangereuse pour les professionnels car elle présente à l’œil nu et, pour les non initiés, à la loupe 10x une réelle impression de diamant.

La moissanite n’est heureusement pas encore fortement répandue sur notre continent mais commence déjà à prendre peu à peu la place du CZ.

Un des gros « problème » avec cette pierre c’est sa capacité d’être un bon conducteur thermique tout comme le diamant. La plupart des testeurs diamant étant basés sur ce principe de conductivité thermique, la moissanite et le diamant réagissent de la même façon.

Cet article a donc pour but de regrouper les différentes caractéristiques de la moissanite, de les comparer avec les caractéristiques du diamant et du CZ et ensuite de voir les différents outils mis à notre disposition pour l’analyse de ces pierres.

La Moissanite :

1° La dureté de la moissanite :

La moissanite est l’imitation du diamant la plus dure que nous connaissons à l’heure actuelle. Ainsi, nous voyons sur cette photo un rubis synthétique (D=9) griffé par de la moissanite (D=9.5).

2° Test de conductivité thermique :

Le testeur diamant est le moyen le plus répandu dans le milieu de la bijouterie.

Ce testeur permet de faire rapidement la différence entre des pierres conductrices de chaleur aux autres pierres (ex : diamant >< zircon naturel, CZ, saphir incolore naturel et synthétique, GGG, YAG, …).

Malheureusement, nous avons constaté que la moissanite est également un bon conducteur thermique. Ainsi, lorsqu’elle est analysée sous ce testeur, l’appareil nous indique « diamant » alors qu’il n’en est rien.

Dernièrement, un « testeur moissanite » a été commercialisé. Son utilisation est couplée néanmoins avec le testeur diamant traditionnel.

En effet, l’analyste doit tout d’abord tester la pierre avec son testeur diamant. Lorsque celui-ci donne une indication de « diamant », l’analyste doit alors examiner la pierre avec le testeur moissanite pour enfin être certain [1] de sa nature exacte.

3° La double réfraction :

            Avant le testeur moissanite, le moyen le plus sûr de repérer une moissanite reste, comme pour toutes les autres pierres, la loupe 10x.

En effet, le diamant est une pierre monoréfringente. Lors de son analyse à la loupe, on remarque que les arêtes sont nettes, les angles bien formés, … tout paraît clair. Par contre, la moissanite est une pierre biréfringente. Son analyse à la loupe permet de percevoir, quand le spécimen n’est pas trop petit, le doublement des facettes, des arêtes également dédoublées,… tout paraît « flou » car perçu deux fois.

Lorsque la pierre est non sertie, un rapide coup d’œil au polariscope vous donnera directement la mono ou la biréfringence du spécimen.

4° La dispersion :

La haute dispersion de la moissanite (0.110) est également un moyen pour un œil averti de la différentier du diamant (0.040). Le feu du diamant et de la moissanite est donc différent.

5° Les ultraviolets (UV) :

La moissanite présente ces particularités aux UVL :

-          Fluorescence orange foncé pour certaines pierres.

-          D’autres ressortent quant à elle bleu ciel.

N.B. : par contre certains diamants ont la même réaction aux UV que la moissanite. Ce test n’est donc pas un moyen fiable à 100%, comme aucun d’ailleurs quand utilisé seul.

6° Le Poids Spécifique :

Le poids spécifique de la moissanite peut nous aider dans sont identification. En effet, lorsque la pierre n'est pas sertie, une immersion dans de l'iodure de méthylène (P.S.) nous montre que la pierre flotte. Le diamant et le CZ ayant un poids spécifique plus important couleront.

7° Les inclusions :

a)      La moissanite comprend souvent des inclusions de soie, un peu identiques à ceux de certains saphirs du Sri Lanka. Ces nuages ne sont pas parallèles mais ont une direction suivant l’axe C.

b)      Des tubules parallèles à l’axe C et parfois avec bifurcations sont parfois visibles dans la moissanite.

c)      Des inclusions de cristaux bruns/jaunes sont visibles dans certains spécimens. Dans quelques cas, ces inclusions peuvent même émerger à la surfaces d la pierre.

d)      Tout autour du rondiste, il est généralement possible de voir de petits tubes blanchâtres partant de « l’extérieur » de la pierre vers le centre.

Ce genre d’inclusion est typique de la moissanite. Sa découverte doit absolument être considéré comme une alerte rouge d’imitation possible du diamant.

Un et un seul indice précédemment cité ne peut en aucun cas être considéré comme LA preuve de la nature de la pierre. C’est en recoupant plusieurs de ces indices qui permet de dire si la pierre analysée est ou non une moissanite.


Le diamant incolore peut être reconnu parmis le CZ et la moissanite grâce aux caractéristiques suivantes :

a)      A l’œil et à la loupe : haute brillance, lustre adamantin, dispersion modéré, monoréfringente.

b)      Le diamant a un excellent poli et les arêtes sont propres et nettes.

c)      Bon conducteur électrique mais isolant électrique.

d)      Pour les diamants de type Ia, une large bande d’absorption est visible vers 415nm sous spectroscope (ceci n’est pas le cas pour les diamants de types IIa.

e)      Fluorescence bleue d’intensité variable pour la plupart des diamants de type Ia (plus rarement jaunâtre, les diamants de type IIa sont souvent inertes ou très faiblement fluorescents sous UV).

Le cubic zirconium peut, quant à lui, être distingué par ces différentes caractéristiques :

a)      A l’œil et à la loupe : brillance modérée, lustre adamantin, grande dispersion et monoréfringence.

b)      Lorsqu’il est correctement taillé, le CZ montre un beau poli, les arêtes peuvent être dans certains cas un peu arrondi. La surfaces des facettes est polie et striée en alternance.

c)      Mauvais conducteur thermique et isolant électrique. L’utilisation du testeur thermique est le moyen le plus rapide et le plus sûr de différentier le CZ du diamant.

d)      Densité beaucoup plus élevé que le diamant.

Enfin, la moissanite peut être différentier des deux pierres précédentes par ces caractéristiques :

a)      A l’œil et à la loupe : brillance modérée et lustre adamantin élevé, très haute dispersion, biréfringence (à la loupe mais plus facilement au microscope et surtout au polariscope pour les pierres plus petites).

b)      Lorsqu’elle est correctement taillée, la moissanite montre un beau poli et les arêtes des facettes peuvent dans certains cas être arrondies.

c)      Comme le diamant, la moissanite est un bon conducteur thermique et également un bon conducteur électrique, contrairement au diamant. Ce dernier point est à la base du fonctionnement du testeur moissanite.

d)      La moissanite comprend de grandes lignes d’absorption dans l’extrême bleu du spectre visible (± 425nm).

e)      Des inclusions typiques sont souvent rencontrées dans la moissanite. Les plus fréquentes sont des inclusions droites blanchâtres, de la soie ou encore des multitudes de tubules blanchâtres tout autour du rondiste.


En plus de ces multiples caractéristiques, plusieurs instruments ont été développés en vue de distingué la moissanite.

1° Le « Tester Model 590 » : ce type de testeur détecte la différence entre le diamant et la plupart des moissanite en utilisant leurs spectres caractéristiques (transparence relative dans la région proche de l’ultraviolet du spectre visible).

2° Le « Moissketerer 2000 » testant la conductivité électrique. Le diamant incolore étant un bon isolant électrique, ce testeur fait rapidement la différence avec la moissanite.

3° Le « Hanneman Diamond Eye » et le « Jemeter 90 Tester ». Les deux instruments mesurent la réflexion de surface (donc se base sur les I.R.).

Cependant, le traitement thermique de la moissanite peut créer sur la surface de celle-ci un fin film de dioxyde de silicone (Sources : Kellam, 1999).

La présence de ce fin film diminue la réflexion normale de la lumière. Ainsi, la moissanite peut être assimilé au diamant, au CZ ou à d’autres matériaux à plus faible I.R..

4° Un prototype non encore commercialisé se nommant « Gemstone Pavillon Fingerprint » se base quant à lui sur la réflexion des facettes interne de la pierre.

5° Le « Presidium Duotester » (Chalain & Krzennicki, 1999) et le « Diamond Proover II comprennent le test de conductivité électrique couplé au test de réflexion de la lumière.

N.B. : Il est à souligner que le test de dureté n’est pas applicable vu son caractère destructif.

L’analyse des pierres de petites tailles est, bien évidemment encore plus difficile à effectuer.

Ces quelques méthodes peuvent aider à les distinguer :

1° Les U.V. : bien que beaucoup de diamants fluorescent aux U.V., alors que les deux imitations fluorescent rarement ou sont inertes. Cette méthode offre un moyen de séparer les diamants de ses imitations.

2°La dimension : à cause de la différence de densité, le CZ, le diamant et la moissanite de même carat ont une dimension différente (CZ » diamant < moissanite).

3° Le poids spécifique : quand immergée dans une liqueur lourde de P.S. de 3,32 (ex : iodure de méthylène), le diamant et le CZ coulent alors que la moissanite flotte.

4° La différence de transparence aux rayons X : le CZ est opaque sous rayons X alors que le diamant reste transparent, comme l’est la moissanite.

5° Lorsque traitée thermiquement, la moissanite devient jaunâtre alors que le diamant pas.


Conclusion :

A l’heure actuelle, le cubic zirconium est l’imitation synthétique la plus répandue et le meilleur marché du … marché.

Cependant, la moissanite prend de plus en plus de place et risque un jour de supplanter le CZ.

En utilisant les moyens de distinction précédemment cités, la confusion est quasi impossible pour les pierres non serties.

Remarque très importante : il est à souligner le fait que un seul indice tendant à donner la nature exacte d’une pierre ne soit rien, si utilisé seul. Il faut recouper plusieurs de ces indices pour donner un avis raisonnablement correct de la nature du spécimen analysé.

Voir aussi : le tableau des caractéristiques du diamant et de ses pincipales imitations
.Ou encore les liens et adresses ...

 
 

[1]   Certaines moissanite ayant été traitée par chauffage ont une fine couche de dioxyde de silicone ce qui peut dans quelques cas fausser le test et les révéler comme diamant.